Homme portant des lunettes de soleil Maison Mata en acétate à verres foncés sous le soleil intense de Bali

L’histoire des lunettes de soleil : de l’os taillé au verre UV400

Verres et traitements, 6 min de lecture, août 2026

Avant le verre, il y a eu l’os. Protéger ses yeux du soleil n’est pas une invention moderne.

À Bali, le soleil ne pardonne rien. Entre midi et quinze heures, la réverbération sur le sable, l’eau et le bitume fatigue les yeux presque autant qu’un regard droit vers le ciel. On pense souvent aux lunettes de soleil comme à un choix de style, une paire qui termine une tenue. Pourtant, protéger l’œil d’un excès de lumière est une préoccupation humaine bien plus ancienne que la mode. Des Inuits aux premiers verres filtrants, la leçon tient en une phrase : une paire de solaires protège d’abord vos yeux, elle vous habille ensuite.

À retenir
  • Les premières protections contre le soleil remontent à des milliers d’années, bien avant l’existence du verre teinté.
  • Il faut attendre le vingtième siècle pour que la protection contre les ultraviolets devienne un critère scientifique plutôt qu’esthétique.
  • Une paire de solaires ne protège que si les verres filtrent les UV. Une teinte coupe l’éblouissement, pas les ultraviolets.
  • Maison Mata choisit ses verres solaires sur la filtration, pas sur la couleur.
Artisan limant à la main une monture solaire en acétate écaille sur l’établi de l’atelier Maison Mata à Bali
Chaque monture qui quitte Canggu est façonnée à la main, puis équipée d’un verre qui filtre vraiment.

Avant le verre, comment on se protégeait déjà les yeux

Bien avant le verre teinté, plusieurs civilisations avaient compris que la lumière devait être filtrée pour préserver la vue. Les Inuits, confrontés à une réverbération extrême sur la neige et la glace sous le soleil arctique, taillaient de fines lunettes dans l’os, le bois ou l’ivoire, percées d’une seule fente horizontale étroite. Des exemplaires exhumés en Arctique ont été datés d’environ mille ans. Le principe est simple : en réduisant la quantité de lumière qui atteint l’œil, la fente supprime l’éblouissement, cette gêne et ce flou provoqués par un excès de lumière.

Ailleurs, des siècles plus tard, d’autres formes de protection apparaissent. On lit partout que les juges de la Chine du douzième siècle portaient des verres en quartz fumé pour masquer leur regard pendant les audiences. L’histoire est belle et personne n’en a jamais produit la source : prenez-la pour du folklore, pas pour un fait. Ce qui n’est pas du folklore, c’est l’idée qu’il y a dessous : un verre placé devant l’œil change la façon dont on voit et dont on est vu.

Le même fil traverse les siècles : la lumière trop forte gêne, et on a toujours trouvé un moyen de la couper avec ce que l’époque offrait. Il manquait encore la science de ce qui, dans cette lumière, abîmait réellement l’œil.

Vingtième siècle : les lunettes de soleil deviennent un outil de protection

Les solaires telles qu’on les connaît, des verres teintés produits en série sur une monture pensée pour le confort, n’arrivent qu’au début du vingtième siècle. L’aviation a fait une bonne part du travail de popularisation, les pilotes ayant besoin de couper l’éblouissement en altitude, puis le cinéma en a fait un signal de style dans les décennies suivantes.

Mais une teinte foncée ne protège pas vos yeux. Un verre plus sombre n’est pas un verre plus sûr, et un cas précis vous laisse plus exposé que si vous ne portiez rien du tout : un verre foncé sans filtre UV. L’ombre qu’il crée vous évite de plisser les yeux, vos yeux s’ouvrent et se relâchent, et les ultraviolets non filtrés entrent de tous les côtés. Placez un vrai filtre derrière la même teinte foncée et le problème disparaît complètement. Le rayonnement ultraviolet est invisible, et au fil des années il brûle la cornée et opacifie le cristallin.

C’est dans la seconde moitié du vingtième siècle que la recherche optique a établi clairement le lien entre exposition aux UV et santé oculaire. Les fabricants ont alors développé des traitements spécifiques capables de filtrer ce rayonnement indépendamment de la teinte. Les lunettes de soleil ont cessé d’être un accessoire pour devenir un véritable dispositif de protection.

Opticien tenant des disques de verres solaires teintés au-dessus d’un meuble à verres en bois chez Maison Mata à Bali
La couleur se choisit en dernier. La filtration se choisit en premier.

Ce qui protège réellement vos yeux aujourd’hui

La qualité d’un verre solaire se lit sur deux critères : sa catégorie de filtration et son traitement anti-UV, jamais sa couleur seule. Les verres sont classés de 0 à 4 selon la quantité de lumière visible qu’ils laissent passer, du plus clair au plus foncé. On détaille ces catégories, et celle qui convient vraiment au soleil de Bali, dans les catégories de verres solaires, de 0 à 4.

Cette catégorie ne dit rien de la protection UV, qui doit être garantie séparément par le fabricant, généralement sous le marquage UV400. UV400 dit une chose précise : le verre bloque toutes les longueurs d’onde jusqu’à 400 nanomètres, ce qui couvre l’ensemble des UVA et des UVB. Un verre qui s’arrête à 380 laisse passer une partie des UVA. Ce marquage ne dit rien du niveau de teinte, rien de la polarisation, rien de la qualité optique. Un verre clair de catégorie 1 peut être UV400. Un verre très foncé de catégorie 3 peut n’avoir aucun filtre. Demandez le marquage, pas la teinte. C’est aussi ce qui sépare un verre solaire sérieux d’un gadget pour touristes, un sujet qu’on traite dans vraies ou fausses lunettes de soleil. La polarisation, un traitement distinct qui coupe les reflets sur l’eau et le bitume, complète utilement cette protection sans la remplacer, comme on l’explique dans verres polarized ou protection UV.

Ici, l’exposition n’a rien de théorique. Bali se situe à huit degrés de l’équateur, où l’indice UV atteint régulièrement 11 et plus, le haut de l’échelle. Le sable renvoie environ 15% de ces ultraviolets vers vos yeux, l’eau un peu moins, et les nuages fins ne freinent presque pas les UV : un ciel couvert n’est pas un ciel sans risque. Des années comme ça sans filtration, c’est ainsi qu’apparaît le ptérygion, cette excroissance charnue sur le blanc de l’œil que tous les opticiens d’ici voient chez les surfeurs et les pêcheurs, et c’est ainsi qu’une cataracte arrive plus tôt qu’elle ne devrait.

De notre côté, ça se traduit par une règle. Chaque paire solaire de la Collection Classique quitte la boutique avec des verres polarized UV400 de série. Si vous portez une correction, les mêmes verres existent à votre vue, chez Essilor, ZEISS ou Hoya, avec une option photochromic que beaucoup finissent par préférer pour une année entière à Bali.

Comprendre cette distinction, entre teinte, catégorie et filtration UV, c’est ce qui permet de choisir une paire de solaires pour les bonnes raisons plutôt que pour son seul look.

Se protéger les yeux du soleil n’a jamais été une affaire de mode. On y pense pour chaque paire taillée à Canggu.

Ce que cette histoire change dans l’atelier de Canggu

Des Inuits aux laboratoires optiques modernes, la conclusion ne bouge pas : protéger l’œil n’est jamais un détail. C’est pourquoi chaque monture solaire taillée à la main dans l’atelier de Canggu repart avec des verres qui filtrent réellement les UV, choisis pour leur qualité optique autant que pour leur allure.

Le travail ne s’arrête pas à la forme de la monture. Il continue dans le verre qu’on y adapte. C’est ce qu’on applique à chaque paire qui quitte Canggu.

Mur d’exposition de la boutique Maison Mata Canggu, rangées de lunettes de soleil en acétate fait main sur des étagères en laiton et bois
Le mur de Canggu : chaque paire qui s’y trouve porte un verre UV400.
Passez à Canggu, Ubud, Sanur ou Seminyak. Notre équipe place devant vos yeux la bonne catégorie et le bon traitement, selon l’usage que vous en faites vraiment. Les examens de vue se font à Canggu, Ubud et Sanur ; Seminyak, c’est les montures, les verres solaires et le conseil.Nos boutiques
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